Nombre d’habitants Marseille : croissance, vieillissement, arrivée des étudiants

Marseille compte 886 040 habitants selon le recensement de l’Insee réalisé en 2022, dont les résultats ont été publiés avec le délai de certification habituel de trois ans.

Ce chiffre ramène la ville à un niveau qu’elle n’avait plus atteint depuis la fin des années 1960, après une longue période de déclin. La démographie marseillaise suit depuis le début des années 2000 une trajectoire de reprise, mais cette reprise cache des réalités très contrastées selon les quartiers et les classes d’âge.

Marseille retrouve sa population des années 1960 : retour sur une trajectoire en dents de scie

Le pic historique de population à Marseille date de 1975, avec plus de 908 600 habitants. À partir de cette date, la ville a perdu plus de 100 000 résidents en un quart de siècle, sous l’effet d’un exode vers les communes périphériques et d’un déclin industriel qui a durablement pesé sur l’emploi local. Le creux a été atteint en 1999, avec environ 798 430 habitants.

La reprise est lente mais régulière depuis 2000. De 2012 à 2017, la croissance annuelle avoisinait les 0,3 %. Selon les projections de l’Insee, Marseille pourrait se rapprocher du million d’habitants d’ici 2050, si les tendances actuelles se maintiennent.

Un point que les analyses globales tendent à lisser mérite d’être posé clairement : la croissance récente s’explique principalement par l’excédent des naissances sur les décès, et non par un solde migratoire positif. L’attractivité résidentielle de la ville reste faible par rapport aux autres grandes métropoles françaises.

Selon les données de l’Institut Montaigne (février 2026), la part des nouveaux arrivants dans la population totale n’était que de 2,9 % en 2022, contre une moyenne de 7,2 % pour les douze plus grandes villes de France, et en baisse par rapport à 2016 où ce taux atteignait 3,4 %.

Étudiant lisant ses cours assis sur les marches d'un bâtiment universitaire à Marseille symbolisant l'afflux étudiant dans la ville

Une population jeune, mais un vieillissement qui progresse selon les quartiers

Marseille se distingue des autres grandes villes européennes comparables par une forte natalité et une part élevée d’enfants dans sa population. L’étude de l’Insee sur les « cities » européennes la classe comme une ville jeune, la plaçant dans une catégorie proche de Valence ou Naples plutôt que de Lyon ou Bordeaux.

Ce portrait global masque pourtant des écarts importants à l’échelle infracommunale. Les données du recensement 2023, disponibles à l’échelle des Iris, permettent de cartographier la structure par âge quartier par quartier. Certains secteurs du centre-ville et des arrondissements nord concentrent les classes d’âge les plus jeunes, tandis que d’autres zones, notamment dans les arrondissements sud, présentent un profil de population plus âgé.

Le vieillissement ne se lit donc pas uniformément à l’échelle de la ville entière. La nouvelle base carroyée de l’Insee intègre des variables sur l’âge, le sexe, le lieu de naissance et le lieu de résidence antérieure, ce qui permet d’étudier à maille fine où résident les différentes classes d’âge et de croiser ces informations avec les trajectoires résidentielles. Cette granularité rend les moyennes communales insuffisantes pour décrire la réalité démographique de quartiers aux profils très différents.

La présence étudiante à Marseille : poids réel et limites des données disponibles

Marseille est l’un des pôles universitaires les plus importants de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. La présence étudiante contribue à entretenir une pyramide des âges penchée vers les classes jeunes, mais les données disponibles portent sur l’ensemble de la région plutôt que sur la seule ville, ce qui rend difficile une quantification précise de l’apport étudiant à la démographie marseillaise stricto sensu.

Ce que les chiffres régionaux indiquent, c’est que l’attractivité des formations et les conditions d’accès au logement jouent un rôle déterminant dans les trajectoires résidentielles des étudiants. La question du logement étudiant à Marseille reste une contrainte structurelle : la ville présente un taux de vacance commerciale de 15 % en 2025 (Institut Montaigne), signe d’une économie urbaine sous tension, et le parc de logements disponibles à proximité des campus ne suit pas nécessairement la croissance des effectifs étudiants.

  • La part des étudiants dans la population active influe sur les statistiques de chômage et de niveau de vie, deux indicateurs dans lesquels Marseille affiche des résultats inférieurs à la moyenne nationale.
  • La médiane du niveau de vie à Marseille s’établissait à 20 600 euros en 2021, contre 22 724 euros en moyenne pour les douze plus grandes villes françaises.
  • Le taux de pauvreté atteignait 26,0 % en 2021, soit nettement au-dessus de la moyenne du même panel (21,6 %), un écart qui s’explique en partie par la structure d’âge et le poids des populations étudiantes et précaires.

Ce que les chiffres de population ne disent pas sur la croissance de Marseille

La hausse du nombre d’habitants ne se traduit pas mécaniquement par une hausse équivalente des besoins en logements ni par une amélioration des indicateurs économiques.

Marseille en est une illustration : malgré une croissance démographique positive depuis deux décennies, le taux d’emploi pour 1 000 habitants reste nettement inférieur à la moyenne des grandes villes françaises. En 2022, on comptait 417,6 emplois pour 1 000 habitants à Marseille, contre une moyenne de 612,4 pour les douze plus grandes villes du pays.

La croissance de la population et la croissance de l’emploi suivent des rythmes différents. C’est précisément ce que l’étude de l’Insee sur les cities européennes souligne : Marseille, 25e city européenne par la taille, enregistre une croissance de l’emploi plus faible que celle des agglomérations comparables de même taille en Europe, malgré une démographie favorable.

La structure économique de la ville, dominée par la santé, l’administration publique, le commerce et les transports, pèse sur la qualification des emplois disponibles et contribue à maintenir un chômage structurellement élevé, même si le taux des 15-64 ans est passé de 12,2 % en 2016 à 9,4 % en 2022, passant sous la moyenne du panel des grandes villes françaises (11,2 %).

La démographie marseillaise est donc en croissance réelle, portée par un excédent naturel solide et une population jeune. Mais la lecture de ces chiffres gagne à être conduite quartier par quartier et croisée avec les données d’emploi et de niveau de vie, sans quoi les moyennes communales risquent de masquer des trajectoires locales très divergentes.

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